Texte "L'orée"     (retour)

Tout parcourt sur des routes se caractérise par ses arrêts.
Lors de ceux-ci, on est face à des scènes inanimées, où des objets sont autant de fragments narratifs de la présence humaine, regroupés en un gigantesque palimpseste.
Cette multitude de possibles, à travers un choix de ponctuations narratives, et la confrontation entre elles, fait apparaître une représentation de la route. De ce contact d’images nait une identité.
Une identité humaine !
Car la route est avant tout humaine, créée par l’homme, investie par l’homme.
J’ai traversé l’Ukraine, de part en part. Je voulais voir !
2011 et 2012, avant le conflit, 8 000 km en voiture.
J’ai voulu saisir un récit à travers une accumulation de cadrages frontaux, faits d’objets en plus ou moins gros plans, mais toujours isolés de leur contexte précis, pour doser les informations, et laisser le spectateur actif.
Ces objets deviennent les êtres vivants, les racontent.
La route est soudain faite de personnages évoqués, qui mènent une conversation entre eux, d’image en image.
Comme un long chuchotement qui nous accompagne le long de la route.